Chaosphonie
et recette de galette de fer
J’ai le cerveau en compote (et JE HAIS trouver des titres) Je voulais juste terminer mon texte, appuyer sur Publier et passer à autre chose. Ça aurait pu se nommer aussi: J’aimerais ça que Marc Labrèche soit mon père mais ça n’aurait eu aucun rapport avec le propos.
J’ai le sentiment d’être figée comme un chevreuil sur le bord d’une autoroute se demandant quand traverser.
Sans se faire frapper.
Qu’est-ce que je peux bien écrire dans cette cacophonie ambiante?
Un terme que j’ai d’ailleurs appris à mon fils cette semaine. J’en étais bien fière, me félicitant de bonifier et de soutenir le niveau de vocabulaire de mon p’tit blond de 9 ans.
Mais puisque j’ai le cerveau en compote, je l’avais épelé ainsi: cacaphonie.
Le niveau de langage est passé rapidement de soutenu à très familier.
Ben oui! Et le pire, je pensais que j’avais tout bon. (Je dis ça de même mais brain fog est un des 491240 symptômes de la périménopause).
Et ça m’a rappelé la fois où lors d’un voyage mémorable backpack entre filles en Italie, je farfouillais mon dictionnaire de poche franco-italien dans le métro à la recherche de la traduction pour merde.
(La périménopause n’a rien à voir finalement pour l’épisode de cette semaine. Freud dirait seulement que ma phase anale dure anormalement trop longtemps.)
Donc, bien étonnée de ne rien trouver à cet effet et déçue puisque nous nous étions donné comme défi d’apprendre les trucs les plus niaiseux et inutiles en italien comme:
Mio figlio a la tosse
Creo que avere une otite
J’ai partagé à ma chum le résultat non fructueux de ma recherche lui montrant, page à l’appui, l’absence de ce terme édifiant qui nous aurait rien donné de plus dans notre épopée excepté 3-4 gloussements de rire de jeunes femmes immatures:
Stef, pourquoi tu cherches sous MA et non ME?
…
Ben oui, je cherchais la parola sous MARDE et non MERDE.
Une vraie femme de lettres me direz-vous.
BREF JE M’ÉGARE. Je voulais vous parler de beaucoup de choses, mais pas nécessairement de mes erreurs grammaticales.
On n’a même pas encore TROIS SEMAINES complètes effectuées en 2026 qu’on est déjà tanné. (On inclut la personne qui parle ici. Tant mieux pour ceux apparaissant dans l’écart-type réussissant à trouver un semblant de normalité dans tout ce qui se passe actuellement.)
Ça fait des mois que le film dystopique Les fils de l’homme (Children of Men) me revient en tête. Les oeuvres de Georges Orwell et de Margaret Atwood sont souvent citées afin d’illustrer ce qu’on vit actuellement, alors que pour ma part c’est plutôt l’adaptation cinématographique du roman de P.D James qui raconte une société déshumanisée et fortement désabusée en 2027 par la stérilisation de l’humanité (!)
Aucun enfant n’est né depuis 18 ans et malheureusement ce même individu sera tué, précipitant ainsi la fin de l’espèce humaine et l’effroi de la population. En bon État totalitaire, le Royaume-Uni essaie de contrôler l’immigration en remettant au programme l’équivalent des camps de concentration et fait la promotion par le biais de campagnes publicitaires de Quietus, des comprimés pour se suicider. En trame de fond: pollution, guerres et chaos. Même au niveau de la direction artistique du film, les couleurs sont dans le très terne, merci.
Bref, un film léger à regarder en famille après Zootopia 2.
J’ai visionné ce film deux fois lors de sa sortie au cinéma en 2006. La même journée.
Le film m’avait shaké et avait contribué à mon inscription au bac en politique.
Avec V pour Vendetta et La constance du jardinier.
Bon, on n’en est pas encore là, mais je me demande comment on fera pour NE PAS en arriver là niveau marasme ambiant.
Qu’on se shakera collectivement le cocotier pour crier EUH HELL NO?
Qu’on se slack l’obsession de l’épargne individuelle et de la planification financière pour se concentrer également sur l’épargne de nos biens communs et des fondements de notre société.
À quoi ça servira une retraite si tout est en train de s’effondrer?
(Et, c’est ici que je perds 4-5 abonné.e.s par mon discours déprimant. RESTEZ, JE PARTAGE UNE RECETTE DE GALETTE DE FER À LA FIN!)
Puisque nous sommes encore en janvier et que c’est encore acceptable de parler de résolutions, je nous souhaite cette année (et moi la première) de reconditionner notre cerveau à trouver le beau. À l’apprécier. Peu importe la forme qu’elle revêt.
Sans tomber dans la positivité toxique on s’entend qui fait partie du top 3 des choses qui me gosse le plus au monde.
À arrêter de consommer des calories vides (justement, j’ai une excellente recette nourrissante à la toute fin. DÉSABONNE-TOI PAS)
et à se remettre en mouvement.
Pour empêcher de glisser dans cet abîme profond où l’espoir a crissé le camp et de se rappeler qu’on est capable de grandeS choseS puis que les Mangemorts finissent par disparaître.
(Pour les non-adeptes d’Harry Potter, remplacez Mangemorts par Mangemarde pis ça fait pareil.)
J’ai nommé en début de texte que mon cerveau est en compote et une des raisons principales derrière cet état consiste en ma procrastination. Parce que je n’écris pas assez souvent et que je n’exerce pas suffisamment ce muscle qu’est l’écriture.
Mais surtout parce que je suis paralysée. Le corps et l’âme saturés du chaos ambiant.
HENRI! Lâche Minecraft 5 minutes, je veux te montrer quelque chose. Ce n’est pas cacophonie, c’est Chaosphonie. Est-ce que tu sais c’est quoi un néologisme ? Non? Répète-le après moi, ça impressionnera ta prof-que-tu-dois-vouvoyer demain.
Pour 2026, aussi je nous souhaite le même courage et aplomb de Mark Ruffalo avec son épinglette BE GOOD lors des Golden Globe clamant This is not normal anymore.
Voilà, je sors de mon inertie après ces nombreuses semaines absente sur la plateforme. Je me remets en mouvement. (j’aimerais tout de même remercier ceux et celles qui ont renouvelé leur abonnement. Vous n’avez aucune idée de la vague de dopamine entremêlée d’ocytocine que ça crée.)
Voici la non très attendue recette évoquée plus haut. Elle m’avait été partagée par mon acupunctrice après mon accouchement afin de remplir mes réserves de fer. Pas besoin d’avoir accoucher pour la cuisiner. Juste de se remettre sur pieds des traumas collectifs qu’on vit actuellement, c’est suffisant. Je tiens quand même à spécifier que ceci ne servira pas à combler une rage de sucre. HELL NO, vous risquez d’être déçu.e.
Recette de galette de fer (qui ressemble à une bouette ou à une matière fécale) MAIS TRÈS BON.
1 banane
1 tasse lentilles vertes cuites
1/2 tasse de beurre de noix
1/4 tasse de mélasse
1 oeuf
1/2 tasse de flocons de céréales (épeautre, sarrasin, etc)
5 ml cannelle
1/4 tasse de céréales de bébé
1/4 tasse de farine de sarrasin
1/2 tasse de graines de citrouille
Allumer le four à 350F. Déposer tous les ingrédients au mélangeur et déposer la bouette sur une tôle huilée. Durée de cuisson: 12 minutes ou l’équivalent d’une intervalle entre 2 démissions à la CAQ.
P.-S. : Mio figlio a la tosse = Mon fils tousse. 0 utile à maîtriser pour un voyage en Italie, mais maintenant vous le savez.
Ça me fait plaisir.


